Mon univers musical

Ca faisait un moment que ça me trottait en tête, et un tel article ne pouvait échapper à mon blog. Je n'aurai pas pour ambition de citer les noms de tous les chanteurs et groupes que j'aime, car ce serait certainement épuisant pour moi, impertinent pour le blog, et surtout chiant pour vous !
Je vais donc m'attacher à faire de gros regroupements. Non, je n'ai pas la prétention de savoir rattacher n'importe quelle chanson à un style de musique en particulier. De plus, la pro de la chanson ne souhaitant pas me voir commettre des amalgames, je m'en garderai bien. Ma classification sera plus objective, en un sens : il s'agit de la façon dont j'ai découvert untel ou untel...
D'où viennent ces attirances que j'ai pour Bénabar, pour les Wriggles ou pour Polnareff ?

Je dois la découverte de ce dernier à mes parents, et au berceau musical dans lequel j'ai été élevé. Mes parents achetaient excessivement peu de CD, je devais donc me rabattre sur la maigre collection antécédemment constituée : Claude Nougaro, Enrico Macias, Michel Polnareff en tête.
Les cassettes audio ont également joué un grand rôle dans mon éveil musical – un nombre moyen de cassettes enregistrées à partir de CD m'ont fait connaître Patrick Bruel, Nicole Rieu, Henri Salvador, Salvatore Adamo, Colette Renard et surtout à l'époque Edith Piaf et Claude François, qui ont longtemps été mes idoles. Quand à Johnny Hallyday, Renaud, Jacques Brel, Maurice Chevalier ou encore George Brassens, ils me viennent tout droit de l'écoute des Disques Vinyles.
Ajoutez à ceci que mes seuls modèles radiophoniques étaient France Inter et Nostalgie, et vous aurez vite fait de comprendre pourquoi Jean-Jacques Goldman, pourquoi Marie Laforêt, pourquoi Marie-Paule Belle, pourquoi Gilbert Bécaud, pourquoi Daniel Balavoine, pourquoi Serge Gainsbourg, pourquoi Michel Sardou...


Je ne peux que remercie ma meilleure amie, douée d'une grande culture musicale qui se fond parfaitement avec celle de son frère, pour le grand complément qu'elle m'a apporté dans mon monde musical (si ce n'était que musical !). Ce sont surtout des groupes qu'elle m'a fait découvrir, et grâce à elle, mon groupe préféré est aujourd'hui les Wriggles, harmonieuse alternance entre humour, revendications, et poésie. Les Ogres de Barback aussi à l'honneur. Ce ne sera pas sans citer Marcel et son Orchestre (bien que je les connaissais déjà avant), les Blaireaux. Pour le reste, je suis en processus de découverte...


Ne vous y trompez pas ! J'ai aussi ma part de curiosité, et je me suis également constitué mes propres goûts à moi !
Le nombre est tout de suite plus restreint de chanteurs individuels, mais pour chacun c'est l'ensemble de leur œuvre que j'admire, et plutôt intensément. Parmi eux : Bénabar, Olivia Ruiz, Juliette, Philippe Prohom, Cédric Atlan, Camille, Anaïs, Thomas Fersen, Lynda Lemay. Ce sont pour moi des artistes à part entière, qui ont tous leur originalité, leur monde à eux, et leur talent – ce sont selon moi des conditions fondamentales. J'ajoute à cette "catégorie" Guillaume Aldebert et Vincent Delerm, que des personnes m'ont fait découvrir, mais que j'aime selon les mêmes caractéristiques.

Il m'a fallu une impulsion de la part du Conservatoire avec un extrait de la Mélodie du Bonheur et de la part de mes parents avec le CD de Cats pour me lancer dans une grande histoire d'amour avec les comédies musicales.
Dès que la mode fut relancée, il y eut "4" dominantes : Notre-Dame de Paris, Roméo et Juliette, Ali Baba et les Dix Commandements. Ma préférée des 4, avec de véritables performances de comédiens, des musiques très variées et beaucoup d'humour, reste Ali Baba, injustement victime d'infanticide avant de partir en tournée en province.
Je ne puis que faire ma déclaration d'amour à toutes les Starmania, West Side Story, Chantons sous la pluie, Grease, la Fièvre du Samedi Soir, Mary Poppins, Emilie Jolie, My Fair Lady, L'Etrange Noël de Monsieur Jack, les Noces Funèbres... (Vous noterez que je mélange ici films musicaux et comédies musicales.)
S'il ne fallait en garder qu'une ? Cats, répondrais-je sans hésitation !

C'est absolument tout seul que je me suis mis à me passionner pour les musiques de film. Pour la petite histoire, tout a commencé un jour que je comparais, au dos des pochettes de DVD nouvellement acquis, les noms des participants à Harry Potter et à Star Wars... Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis en double le nom d'un certain « John Williams »... Dès lors, il est devenu mon préféré, ayant composé des tas d'autres chefs d'œuvres tels que Indiana Jones, Hook, E.T., Superman et bien d'autres.
Il a été devancé quelques temps après par Danny Elfman, qui est aujourd'hui peut-être mon artiste favori : ce monstre musical s'est surtout illustré dans l'univers de Tim Burton, en composant les excellentes musiques de Mars Attacks, Edouard aux mains d'Argent, Sleepy Hollow, Batman, Beetljuice, Charlie et la Chocolaterie et surtout l'Etrange Noël de Monsieur Jack, que je me plais à écouter et ré-écouter.
Pour des œuvres individuelles, je ne résiste pas au plaisir de citer Ray Parker Junior pour la B.O. de Ghost Busters, Alan Silvestri pour Retour vers le futur, Marc Shaiman pour la Famille Addams, Klaus Badelt pour Pirates des Caraïbes, et Mike Oldfield pour les célèbres "Tubular Bells" de l'Exorciste. Du côté de la France, Bruno Coulais également n'a pas eu son pareil pour parfaire Vidocq, Microcosmos, ou Belphégor.

Il faut reconnaître que mes parents m'ont transmis également le goût pour la musique classique, très favorisé par mon passage au Conservatoire et à des cours de danse classique.
Dans ce domaine, mes préférés sont Piotr Ilich Tchaïkovski, pour le Lac des Cygnes, Casse-Noisette, la Valse des Fleurs et Serge Prokofiev pour Roméo et Juliette ou Pierre et le Loup. J'aime aussi Wolfgang Amadeus Mozart et Ludwig van Beethoven avec une émotion particulière pour sa 7ème symphonie, Opus 92. L'Opéra Carmina Burana de Carl Orff m'est tout aussi agréable à écouter.

Parmis les OMNI, cigle qui correspond parfaitement aux Objets Musicaux Non Identifiés (non pas parce qu'il n'ont pas de style de musique, mais parce que au contraire, ils sont des exceptions), on trouve Mecano chez les Espagnols, Andrea Bocelli chez les Italiens, Regg'lyss et leur Mets de l'huile en Reggae, Nâdiya pour le R'n'B, la Fonky Family et leur fameux Art de Rue pour le Rap, Era approchant la Gothique Electro, les Daft Punk dans l'Electro, et Marilyn Manson chez les Métalleux. J'adore leur style, l'atmosphère qu'ils dégagent, et l'ambiance qu'ils donnent.


Voilà ! Mes deux espérances à l'heure actuelle, après avoir soigneusement rédigé tout cela, sont d'une part de ne pas trop vous avoir déçu, d'autre part de n'avoir rien oublié !
Si je faillis à l'un de ces deux souhaits, soyez indulgents avec moi ! ^^

Il m'a semblé que faire un partage des musiques en fonction de la façon dont je les apprécie et dont je les ai découvertes était plus intéressant. Ce n'est pas la richesse musicale de quelqu'un qui fait son parcours, mais c'est son parcours musical qui fait sa richesse.

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Illustration : "Gremlins," dessiné par moi-même. (rien à voir !)
Mon univers musical
# Posté le vendredi 01 décembre 2006 20:32
Modifié le vendredi 01 décembre 2006 21:02

Cancerisqué de fumer

Cancerisqué de fumer
Il semblerait que beaucoup de français aient pris au premier degré le film Thank you for smoking, récemment sorti au cinéma... Les arguments développés par le personnage principal sont cependant absolument infondés :

Je
vous en prie, cessez de dire que les accidents de la route procurent également un danger : il y a une nette différence entre l'utilité d'être conduit d'un lieu à un autre et la brève et vaine satisfaction d'avoir fumé une cigarette ; entre le risque de provoquer un accident et l'assurance de causer une gêne hygiénique chez le fumeur passif.
Même remarque p
our les risques qu'engendrent les relations sexuelles.

Pour la pneumo
nie aussi, il est absurde d'affirmer tout simplement qu'elle s'attrape souvent dans des lieux publics : le fait est qu'il n'existe pas de mesure contre la contagion d'une pneumonie qui soit dans des proportions similaires à celle concernant l'interdiction de fumer dans les lieux publics.
Quant à ceu
x qui s'amusent à confronter les statistiques de décès avec celles de l'alcool, j'irai dans leur sens, et leur fournirai une justification comparable : « Il y en a bien qui tuent des milliards de personnes par pure dignité ; pourquoi moi je n'en tuerais pas quelques milliers pour du pétrole ? »

Pour faire simple, ce n'est pas parce qu'une chose néfaste a lieu qu'il faut à tout prix en admettre une autre, c'est une excuse des plus basses. Le raisonnement inverse ne vaudrait-il pas mieux ? De toutes façons, évaluons cas par cas. Ici, la cigarette.

Selon l'ar
gumentaire de ceux qui veulent démonter ce projet de loi pour la France que d'interdire la cigarette dans les lieux publics, il faut considérer avant tout l'approche économique de cette éventuelle décision... Et puisqu'on y est, autant supprimer tous les services médicaux publics, et stopper dès maintenant les recherches scientifiques. Après tout, au diable la santé, et vive la prospérité économique !

La partie ad
verse prétend que « la plupart des endroits que l'on qualifie de « publics » sont en fait des lieux privés que leurs propriétaires ouvrent au public à des fins commerciales. » Dès lors, sous protection de leur « droit de propriété, » le tenancier d'un endroit public aurait carte blanche pour laisser des non-fumeurs être intoxiqués ? Et moi qui suis maître chez moi, j'ai donc le droit d'y tuer le premier que je laisse y entrer : après tout, personne ne l'a forcé à entrer chez moi !

L'expérience prouve que
cette interdiction, déjà en vigueur dans bon nombre de pays d'Europe et d'Amérique du Nord, s'est montrée efficace pour aider les fumeurs à arrêter de se noircir les poumons.
Au Québec
, où une lutte active contre le tabagisme passif est en place, les statistiques démontrent que 359 personnes en meurent chaque année. 359 personnes qui ne demandaient rien.

En F
rance aussi, « la liberté s'arrête là où commence celle des autres, » et il m'est avis (de source sûre, mais bon, mon avis, vous pouvez toujours le remettre en question) que la liberté de vivre prévaut absolument sur celle de fumer de façon insouciante à côté des autres.

Fumeurs, fumeuses, soyez sensés. Si vou
s tenez à finir votre vie (statistiquement) plus tôt et dans d'atroces douleurs, ayez au moins la présence d'esprit de ne pas faire partager ce choix à votre entourage. Merci !

Vianney

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Ma contribution ayant été sollicitée par l'équipe de la rédaction de No Comment, le journal de mon ancien lycée, auquel j'ai participé 4 ans (oui, au-delà même de mes années lycée), j'ai rédigé cet article, dont le thème m'a été soufflé par un ami.
Je suis désolé pour ceux qui trouvent qu'agissant ainsi, je me répète, mais bon, comme dirait Bénabar "ça vaut mieux que de ne rien offrir du tout". :p

Et comme dirait l'Orchestre de Ray Ventura :
"Caaaa vauuuuut mieux que d'attraper la scarlatine
Ca vaut mieux que d'avaler de la mort-au-rat
Ca vaut mieux que de sucer de la naphtaline
Ca vaut mieux que de faire le zouave au Pont de l'Alma !"
# Posté le mercredi 15 novembre 2006 18:09

Bombaysers de Lille 3000

Bombaysers de Lille 3000
Ca y est !
Je me suis
enfin trouvé quelques minutes pour rédiger un article... ^^

Same
di dernier, plus précisément le 14 octobre 2006, date attendue avec impatience, j'ai assisté à la cérémonie d'ouverture de Lille 3000. Pourquoi avec impatience ? Parce qu'une de mes amies proches dansait sur cette cérémonie.

Sur un plan
artistique, c'était admirable. Comme souvent, on a pu regarder avec beaucoup d'intérêt des danseurs se mouvoir assez gracieusement, mais le supplément était l'originalité des chorégraphies. Les musiques l'étaient un peu moins : inspiration indoue respectée, mais mixage techno un peu trop conforme à mon goût...

L'ancienne
capitale européenne de la culture devait certainement son titre à l'imagination dont elle faisait preuve pour de tels projets, et à une fois de plus, ils sont parvenus à rassembler du monde pour les festivités. En l'occurrence, l'idée de thématiser trois mois lillois avec l'Inde m'a paru très prometteuse.
Une culture très
différente à la nôtre, une musique traditionnelle très reconnaissable, pas moins pour la danse, un cinéma « Bollywood » de référence mondiale, une capitale vue par certaines projections comme la future Tokyo d'ici 2020... En tous points de vue une idée intéressante, que ce soit culturellement ou diplomatiquement.

Cependa
nt (« ah, voilà, il pouvait pas s'empêcher de dire du mal ! »), le petit hic, la grosse cacahuète, l'énorme erreur, c'était l'organisation !
La aussi, L
ille est fidèle à sa réputation, et on peut dire que la communication au sein même des intervenants a été un fiasco total !

Pour
commencer, les danseurs, qui n'avaient pas été prévenus de l'endroit exact où ils devraient se produire, ont dû se frayer un chemin parmi la masse plutôt dense des spectateurs. D'abord traverser la place de l'Opéra de Lille étouffé par la foule, puis courir tout le long de la rue Faidherbe, et tout cela en costume, s'il vous plait !, ce n'était pas l'idéal pour des danseurs censés intervenir l'instant d'après !

Mais pour moi,
le plus révoltant a été la situation suivante : un groupe de danseurs (faisait comme ils font toujours... ah comment ça s'appelle, déjà ? ah oui !) dansait sur une scène magistrale érigée pour l'occasion au milieu de la Grand-Place quand soudain, et de façon totalement impromptue, la musique s'arrêta nette ! Tous les regards se tournèrent vers le DJ, qui n'avait pas l'air de comprendre plus que nous ce qui se passait.
Nous sûmes
plus tard que pour éviter que le public ne sache plus quoi regarder, il ne devait pas y avoir deux spectacles simultanés au même endroit. Par conséquent, la musique et la danse devaient s'arrêter instamment afin de laisser passer le défilé. Bien entendu, aucune précaution n'a été prise : les artistes concernés ne sont pas au courant, et on ne baisse même pas le volume progressivement à croire qu'ils ne connaissent pas le fondu ! Et pour couronner le tout, la chorégraphie entamée, non contente d'être interrompue de façon irrespectueuse pour le public et les artistes, prendra fin tout court, puisqu'on demandera à un groupe suivant de s'installer pour se produire dès que le défilé sera passé !
Cette coméd
ie s'est répétée plusieurs fois...

Et enco
re, je passerai rapidement sur les groupes de danseurs qui se déplaçaient individuellement jusqu'à une scène qu'on leur indiquait, quelque part en centre-ville, la minute précédente. Nous avons rencontré un groupe qui « croyait devoir suivre le défilé » et un autre qui a « été appelé à jouer sur cette scène une demi-heure plus tôt car ils n'avaient personne » !

Ce
ci s'explique très simplement par un splendide sens de l'organisation : une réunion avait été effectuée (je n'ose même pas dire « organisée » !^^) la veille au soir, pour que les responsables de chaque équipe de danseur puissent mettre en commun ce qu'ils montaient. Je dis bien, la veille. Pas de répétition commune, et aucune idée des heures de passage, et pire... aucune idée des lieux !

C
e fossé qui sépare la performance artistique de la logistique rappelle inévitablement la cérémonie d'ouverture de Lille 2004, le 6 décembre 2003...

Vous remarquerez que je prends soin de n'accuser personne en particulier, et pour cause : personne ne peut prétendre savoir à qui la faute. Et je ne prétends pas non plus que j'aurais été capable de faire cela... au contraire ! (éh oui, il est des paragraphes qu'il est triste de devoir ajouter !)
# Posté le vendredi 20 octobre 2006 19:05
Modifié le samedi 21 octobre 2006 06:49

Pour la première fois... (ou : à longue pièce, long article !)

Tous les comédiens vous le diront, même avec des dizaines d'année d'expérience, le trac ne disparaît jamais vraiment avant une représentation. Ce qu'ils vous diront aussi, c'est que cette même sensation d'estomac noué s'évanouit dès que vous entrez en scène et dites vos premières répliques.
Pour la première fois, e
n interprétant Giles Corey dans Les Sorcières de Salem, l'adaptation française de the Crucible d'Arthur Miller, j'ai ressenti le trac me ronger pendant que je jouais.

L
e premier acte s'est déroulé à merveille. Notre révérend Parris s'est révélé être un excellent comédien. Les metteurs en scène lui ont accordé leur confiance pour incarner ce rôle d'importance, en se fichant de ceux qui lui attribuaient la réputation « d'éternel second rôle. » Il a joué la colère, la duplicité, la perfidie avec plus de réalisme qu'il ne l'avait jamais fait, ce qui lui assure maintenant une crédibilité indéniable.
La petite
Abigaïl Williams fut elle aussi une révélation en terme de jeu : la fausse victime, la violente manipulatrice, la douce maîtresse, ce triptyque émotionnel est la marque d'une exceptionnelle réussite pour celle qui promet d'être une très bonne comédienne.
Le couple des Putnam s'est
forgé de lui-même sans autre indication que le texte lui-même, et rapidement on a pu sentir une complicité entre à la fois les deux personnages et les deux comédiens. A titre personnel, ils formaient mon couple préféré dans la pièce, outrepassant même la solidarité des Proctor.
C'e
st dans ce contexte très favorable que j'ai accompli mes 6 répliques de l'acte I sans problème, du moins de mon point de vue.

L'acte II ne me parut pas beaucoup
plus dur... les 5 premières minutes. Car après avoir lancé l'essentiel de mon texte, une fois mon personnage assis et quasi muet, j'ai rapidement constaté que mon nez coulait, certainement à cause de mon allergie à la poussière. Heureusement, angoissé par ce problème « récurant », j'avais prévu des mouchoirs en papier (déjà chiffonnés, pour plus de réalisme !). Il n'empêche qu'il était exclu de se moucher au milieu de la scène !
M
oment de stress, bien entendu - mais je pris mon mal en patience, envisageant déjà un public hilare devant la goutte qui aurait fait déborder le vase...

Aprè
s avoir pris mes dispositions pour l'acte III, qui serait le plus long à tenir pour moi, je démarrai l'acte. Et pourtant, ce n'est pas sans une légère peur au ventre que je lance « Bas les pattes, laissez-moi entrer ! »
Fait sa première
entrée le juge Danforth, et là ma peur se durcit. J'avoue que je redoutais ce moment... Lorsque je vois le menton de Danforth tremblant de façon ostensible, je me dis que le comédien est en train de paniquer derrière son déguisement.
A
sa troisième réplique, trou noir. Il ne sait plus ce qu'il doit répondre à celui qui vient de lui adresser la parole. En professionnel néanmoins, il ne quitte pas son rôle et trouve une parade oratoire pour pallier à son oubli. Mais cela se reproduit à la réplique suivante... Incapable de retrouver le fil du texte, le révérend Hale doit intervenir ; sur le coup, j'étais un peu déçu, car trois de mes répliques ont été sautées !
Le
trac persiste chez moi, car je constate que le cauchemar perdure. Putnam, qui s'est fait depuis longtemps un as de l'improvisation pour rattraper les erreurs, est intervenu à trois reprises soit pour reconnecter les scènes déchirées, soit pour combler un blanc scénique trop suspect vis-à-vis du public.
A une autre
reprise, Danforth dit des répliques adressées au révérend Hale dans n'importe quel ordre, des répliques qui nous auraient projeté quinze pages plus loin si son interlocuteur avait eu le malheur de lui répondre. Ce méli-mélo se prolongeant sans fin, je dus me jeter sur Putnam, geste qui devait marquer la fin de la scène qui avait été commencée.

Après ce
t acte, ouf ! mon personnage étant tué, je ne devais plus me montrer. Mais je fus contraint de me rendre utile en coulisses : à la fin de la pièce, nous fûmes trois souffleurs pour diminuer la formation de trous noirs dans l'espace scénique !

Ce sera
it être hypocrite que de dire que nous n'avons pas été affecté par le nombre colossal d'erreurs produites par le juge Danforth. Et même si nous pouvons tous nous dire que nous n'avons pas grand-chose à nous reprocher, et que si la pièce a pu capoter c'est avant tout du fait de ce comédien, je ne peux m'empêcher d'éprouver de la pitié pour lui.
A un moment de l'
acte IV, je l'ai vu se déplacer dans les coulisses pour essayer d'atteindre l'entrée derrière les rideaux. Comme des comédiens s'étaient préparés à entrer, il devait les contourner. Il était dans un tel état de panique profonde que je me demande vraiment s'il se rendait compte que c'étaient des personnes qu'il écartait. Il restait concentré. Sûrement sur son texte d'ailleurs, dans le désir d'éviter un acte III bis.
A ce moment-là, j'imagin
e tout à fait son état d'esprit : il devait certainement sentir que c'était lui contre le monde. Le public, les metteurs en scènes, jusqu'aux autres comédiens. Tous étaient prêts à la juger, lui, le juge. Il devait sentir que tout le monde l'attendait au tournant. Et je mentirais si je disais que ce n'était le cas pour personne ; beaucoup lui en ont voulu.

A
l'assemblée générale qui a suivi, six jours après la représentation, il a pris la parole. C'était un moment parfaitement incongru mais il a au moins eu le courage de le faire. A ce moment, j'ai senti tous les autres prendre leur respiration – non, je ne romance pas ! ^^ Il expliquait que pour une pièce si longue (trois heures environ), il aurait eu besoin de plus de temps pour répéter. Pour moi, le fait de revenir là-dessus ressemblait à des excuses. Mal formulées, certes, parce qu'il se justifiait, mais des excuses quand même.
Au moment où il s
'affolait dans les coulisses, j'ai tout de suite pensé : « Cet homme-là ne fera plus jamais de théâtre. » Je m'étais trompé, la preuve étant qu'il était là à l'assemblée générale, en vue d'accomplir une nouvelle année de théâtre.

Je pe
ux vous dire qu'après une année complète de répétitions intensives, chaque semaine, le dimanche, pendant 2h30, après de nombreux problèmes liés aux comédiens, aux costumes, aux décors, à la publicité... les metteurs en scène en ont bien bavé. Ils ont dû supporter de surcroît des problèmes de concentration en répétitions, des soucis d'absence, de remplacements...
Chose à savoir : un
comédien a été recruté tout juste deux semaines avant la représentation, et le deuxième rôle principal a dû être l'objet d'un remplacement de comédien un moins et demi avant !
Alors, après avoir remerc
ié chaleureusement les nombreuses personnes qui sont venues nous applaudir (plus de 130), je tenais à remercier tous particulièrement Matthieu, Loïc et France pour leur immense patience, leurs nuits blanches et leurs précieux encouragements.
Pour la première fois... (ou : à longue pièce, long article !)
# Posté le lundi 18 septembre 2006 20:07
Modifié le vendredi 01 juin 2007 06:07

Les Sorcières de Salem

Les Sorcières de Salem
Venez voir cette pièce historique, tragique, et avec une ambiance à couper au couteau !

Mise en sne de France Blondel, Loïc Cocheteux et Matthieu Catteau, trois piliers de la troupe des Enfants de la Chire !

J
'y joue, ainsi que bon nombre d'amis...


NB : Le Centre Malraux où se déroule la pièce a comme adresse :

1 rue Fernand Lecroart
59960 NEUVILLE-EN-FERRAIN
03 20 11 67 11

Dimanche 10 septembre 2006, ne manquez pas LES SORCIERES DE SALEM, d'Arthur Miller !


---> ATTENTION ! La représentation se déroule bien à 16h30 (et non à 20h30 comme initialement, ni comme le dit la Voix du Nord)
# Posté le mercredi 30 août 2006 17:13
Modifié le vendredi 01 septembre 2006 19:48